Le mot
Un gentleman c'est quelqu'un qui sait jouer de la cornemuse et qui n'en joue
pas.
Pierre Desproges
La BULLE BLEUE
Libre Aventure
Bidonnante, Ubuesque, Lecture Légère, Entraînante
Blablater Les Enjeux Utiles, Etonner
Un gentleman c'est quelqu'un qui sait jouer de la cornemuse et qui n'en joue
pas.
Pierre Desproges
Mettre en valeur le patrimoine religieux tout en le rendant le plus accessible possible. Voilà la profession de foi de la Fondation Eglise ouvertes. Ce projet trouve sa génèse en Grande-Bretagne en 1994. Il poursuit l'objectif de redonner au public, croyant ou non, l'envie de cécouvrir ses églises, synagogues, temples et autres édifices religieux, notamment à travers leur art.
En 2005, plus de 35 millions de personnes ont visité les 11.000 églises ouvertes de Grande-Bretagne. D'autres pays comme la Suède, le Danemark, la France, l'Allemagne ont rejoint le mouvement. En Belgique, 111 édifices sont déjà inscrits. L'Institut royal du patrimoine artistique est partenaire du projet.
Pour être retenu par la Fondation et afficher le logo Eglises ouvertes, il convient de remplir plusieurs conditions. Pas forcément un chemin de croix d'ailleurs. L'édifice
doit s'engager à ouvrir gratuitement ses portes pendant au moins huit semaines consécutives entre juin et septembre. Il faut également qu'il prévoit des outils d'information mis à la disposition
du visiteur. Renseignement sur la paroisse, texte de bienvenue, atmosphère fleurie et acceuillante. Enfin, l'église doit former des bénévoles qui acceuillent le public.
Chez nous, il s'agit essentiellement d'églises catholiques. Mais on trouve aussi une église protestante de Mons, une cathédrale orthodoxe et deux synagogues de Bruxelles. Le président de
l'Exécutif des Musulmans a manifesté son intérêt d'y participer. Le père Stavros, de la cathédrale orthodoxe des Saints Archanges Michel et Gabriel de Bruxelles, "souhaite que les églises
soient vues par le nombre le plus large de visiteurs possibles". Inutile de se faire prier pour en profiter.
Deux Normands d’importation, citoyens du monde. Voilà comment ils se définissent. Valota, «italien d’exportation, un peu ex-parisien puis finalement normand». Myra, s’est levée un peu plus à l’Est, avec ses origines diverses et multiples: Pologne, Lituanie et région parisienne. Après neuf mois de gestation, leur premier album pointe le bout de son nez. Un beau bébé.
Comédien de formation, il est passé par le slam mais la musique lui manquait. Là, Myra entre en scène. Rencontre en 2005 avec cet auteur, compositeur, interprète, issue de la scène alternative
des années 80 et également ingé-son. Leur rejeton? Sur des Charbons ardents sort le 18 juin, distribué par Anticraft. Il jette l’encre des textes, elle écrit la musique, il pose sa voix rauque
sur les notes, elle l’accompagne au piano. Pas de deux pour un univers pas ordinaire. Des textes lyriques aux accents poétiques, une acoustique éclectique qui notre curiosité pique.Apache
approche, par exemple, entame sa course par des sonorités électros aux allures de berceuses avant de virer au rock’n’roll musclé. Servi par une montée en puissance où musique et souffle se
confondent dans un râle fiévreux.
L’influence du slam est là, les mots sont dégainés. Rythmés, ils fusent et font mouche. Le morceau qui donne son nom à l’album interpelle un homme moderne et froid, amateur de télé et d’extas:
«Mange donc du clown tous les matins frangin». Ponctué un peu plus loin d’un «Va pointer chez les péripatéticiennes, Même si c’est pas d’lamour en grand, petit, Ça va te détendre du gland».
Valota & Myra jonglent habilement entre l’humour et la provocation avec toujours en filigrane une grande sensibilité. Après les filles de joie, il invite l’homme à «faire un tour au zoo de
Vincennes voir le phoque trembler sous tranxène».
Sur des charbons ardents surprend par cet univers où se mêle doute, violence, révolte, souffrance, amour et mélancolie douce. Ses auteurs ont su trouver l’alchimie musicale qui fait de leur disque un objet inclassable. Seraient-ils un peu fakirs?
Le navire rue de Stassart prend l’eau. Jeudi, des étudiants d’art de la parole du Conservatoire royal de Bruxelles devaient travailler dans
cette annexe. Il ont été boutés hors du bâtiment par une inondation liée aux fortes précipitations. L’état de délabrement du lieu est avéré depuis longtemps. Ainsi le Conservatoire et la
Communauté française ont pris l’habitude de louer des salles pour que ses étudiants puissent répéter. Le Théâtre X-L, rue Goffart, loué pour l’occasion, n’a pas eu plus de chance. Une inondation
peut en cacher une autre : les fortes pluies n’ont pas épargné le théâtre. Lui aussi immergé, les étudiants se sont retrouver le bec dans l’eau pour cette représentation publique, générale
préparatrice à leur examen.
Depuis trois ans, le conseil des étudiants dénonce la vétusté de l’annexe. Selon Pierre Collet, ancien président et toujours membre du conseil, « le Conservatoire Stassart nécessite des travaux
conséquents depuis dix-quinze ans. Ca fait quatre ans qu’on nous promet des changements, l’année dernière des plafonds se sont écroulés, la salle de spectacle a été fermée au public. On mets des
petits morceaux de pansements mais il faut un minimum pour travailler décemment ». Au sein de l’équipe du Conservatoire, le son de cloche est tout différent. Michelina Piazza, administratrice,
assure que « les élèves vont quitter le bâtiment très bientôt, on compte déménager d’ici deux ans dans l’annexe rue du Chêne ». Quid de l’état du bâtiment rue Stassart ? « Les travaux de première
urgence comme la toiture ou l’électricité ont été effectués ». Après l’épisode de l’inondation, les services d’infrastructure du Conservatoire ont été mis au courant. L’incident de jeudi « c’est
la goutte d’eau qui fait déborder le vase » reprend Pierre Collet sans mauvais jeu de mots. Il évoque ce déménagement rue du Chêne : « même si on nous dit depuis quatre ans que ça va se faire on
y croit, on l’espère vraiment. Le 2e étage est terminé mais il va falloir se battre pour continuer la rénovation. C’est un ancien collège, il faut refaire l’isolation acoustique, les peintures,
créer une salle de spectacle décente dans le grand hall ».
Vendredi, les examens prévus ont finalement eut lieu. La suite pour le Conservatoire ? Une réunion le 21 juin au cabinet de la ministre Arena pour parler du suivi des travaux dans l’annexe rue du
Chêne et rue Stassart. Que le Conservatoire recouvre un aspect plus royal.
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Tous les chemins mènent à Rome? Certes. Mais il en est qui possèdent une petite pointe de rêve en plus. Qui aiguisent l’imagination, suscite l’émerveillement. Un chemin de traverse vient de voir le jour. Mis sur pieds par un consortium d’archéologues, d’architectes et d’informaticiens, ce sentier nous conduit vers l’ancienne capitale de l’Empire romain en 320. «Rome Reborn», ou Rome ressuscitée, est la plus grande et plus complète reconstitution numérique d’une cité historique. Un travail de 10 ans, dirigé par Bernard Frischer de l’Université de Virginie, dont certaines parties sont disponibles sur Internet.
Immersion dans la cité à l’apogée de sa puissance. Devenir une petite souris qui peut voir sans être vue. Au beau milieu du forum romain, on s’imagine très bien faire la cour aux romaines, caché derrière les colonnes. Rendez-vous place du marché, centre de l’ancienne Rome. L’oreille aux aguets, vous entendrez peut-être l’homme politique s’adresser aux citoyens. Des conciliabules ponctuent son discours. Quelques enjambées plus loin, voilà le Circus Maximus, arène dédiée aux courses de char. On imagine la ferveur des 250.000 romains venus porter leur favori. Le Colisée n’est pas en reste, son immensité intimide. Après une vue d’ensemble de l’arène, soyez les «bienvenues» dans ses entrailles, parmi les cages aux lions. Les gladiateurs s’y échauffent, prêts à en découdre.
L’occasion est précieuse et inédite d’approcher, de toucher cette richesse architecturale. Tourbillon d’arcs de triomphe, colonnes, chapiteaux et temples somptueux. Rome est
irréelle, grandiose, chaque détail est perfection. La suite? «Le monde »répond humblement Bernard Frischer. Ca ne se fera pas en un jour…
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Brésil, Bulgarie, Equateur, Turquie, Maroc… La classe de 4e primaire de l’école Henri Frick à Saint-Josse est métissée, souriante, colorée comme le monde. Comme chaque semaine depuis octobre, les élèves accueillent à bras ouverts un professeur un peu particulier: Paul Gerimon, chanteur émérite. Avec sa voix de basse, il donne le la au projet «A l’école de l’opéra». Une initiation au chant lyrique et à l’opéra pour ces jeunes loups. Depuis quatre ans, le chanteur travaille avec cette école qui bénéficie du programme MUS-E, lancé par la Fondation Menuhin en 1993.
Association internationale sans but lucratif établie en 1991, la fondation souhaite mettre en œuvre des actions culturelles par le biais de programmes concrets, visant à donner une voix à tous
ceux qui n’en ont pas. Son programme MUS-E jette des ponts entre les différentes communautés et minorités en Belgique.
Comment? Par la rencontre entre des artistes aux horizons divers et le monde enseignant. Ils vont dans les écoles et animent des activités artistiques afin de stimuler la créativité, l’ouverture des jeunes aux autres cultures.
À Saint-Josse, les 18 élèves présents sont sages comme des images avant de chauffer leurs organes. Paul Gerimon explique la difficulté de ce travail de respiration nécessaire pour produire des
sons tenus. Le souffle, l’inspiration et l’expiration sont à la base de la technique lyrique. Il produit et tient un son le plus longtemps possible. Les enfants sont captivés, hypnotisés par son
charisme. Chacun à leur tour, ils essayent de tenir la note. «24 secondes 37 centièmes c’est pas mal», commente le professeur. «20 secondes, tu es en dessous de ton niveau». On voit cette
complicité qui s’est installée entre les jeunes et lui. Après la mise en route, ils se lancent dans une chanson folklorique russe. Paul Gerimon lance le couplet, ils enchaînent avec le
refrain. Touchant de voir ce qu’ils ont créé ensemble. Eux et leur professeur ne font plus qu’un seul chœur qui n’en manque pas, de cœur.
L’arc-en-ciel vocal
Les jeunes sont souriants et ravis. Ils chantent et on lit l’épanouissement sur leurs sourires. Gabriela «trouve Monsieur Paul très bien. Il nous a beaucoup appris et maintenant on parle beaucoup
plus ensemble dans la classe». Alexander, lui, avoue avoir«plus de plaisir à venir à l’école maintenant, le professeur est amusant et on est tous plus proches».
Ils l’aiment ce M.Paul. Même Regiane qui préférait la samba, s’est mise à l’opéra. Elle trouve l’homme « très rigolo».Un autre élève, Murat, se réjouit d’avoir appris la respiration et la
voix, il précise, espiègle: «Les maths c’est bien mais le chant c’est mieux». Les élèves ont, durant l’année, regardé des spectacles d’opéra avec M.Paul. Ils vont poursuivre leur aventure en
allant voir un spectacle. «Ça me fait plaisir d’aller voir la Flûte enchantée», dit Artur.
Leur institutrice, Claire Gilles, note «cette cohésion renforcée dans le groupe. Ce travail éveille leur imagination, ils sont valorisés par l’apprentissage du chant». Les jeunes ont fait un beau
chemin. Paul Gerimon trouve «ces gosses courageux, très très ouverts, travailler avec eux est passionnant». Quatre élèves sont arrivés en cours d’année et se sont greffés sans mal au reste du
groupe.
La magie du chant, l’opéra, l’écoute, le son de leur voix ont mis ces jeunes sur la bonne voie: la richesse de leur diversité.
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