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Offrir le dernier lecteur MP3 à son enfant, est-ce vraiment lui faire un cadeau ? L’oreille humaine a des limites dont ces appareils ne tiennent pas compte. La plupart d’entre eux permettent une écoute à un volume de plus de 100 dB (décibels) alors que le risque de dommage auditif apparaît à 90 dB. Le Conseil supérieur d’hygiène (CSH) vient de faire ses recommandations au Ministre de la Santé, Rudy Demotte.
Le CSH préconise donc de limiter les lecteurs à 90 dB. Il souhaite aussi donner une impulsion pour que des études précises soient faites, afin de mieux informer le consommateur des risques qu’il coure. Quand à la réaction des fabriquants, le docteur Vanderstraeten n’y croit pas beaucoup. Pour lui, c’est un peu « comme quand on demande aux constructeurs automobiles de faire des voitures moins rapides »…
Quels sont vraiment les risques encourus par l’utilisateur ? Naima Deggouj, professeur d’Oto-Rhino-Laryngologie à l’UCL dénonce « les risques de lésions irréversibles de l’oreille interne lorsque le volume est supérieur à 90 dB ». Elle ajoute qu’« à partir de ce volume sonore, on peut s’attendre à des dégâts si l’utilisation dépasse un quart d’heure ». Les dommages les plus fréquents sont les acouphènes. Il s’agit de sifflements ou de bourdonnements perçus de manière permanente, intermittente ou temporaire. Ces sons peuvent aller du simple rasoir électrique au réacteur d’avion. Ils s’accompagnent parfois de surdité ou d’hypersensibilité aux sons : l’hyperacousie. Le volume n’est pas seul mis en cause, les écouteurs sont plus dangereux qu’avant. Non seulement ils s’enfoncent plus profond dans l’oreille, mais ils n’y a plus perte de la qualité quand on augmente le volume. Résultat : les oreillettes augmentent le niveau de son reçu de 7 à 9 dB, les utilisateurs écoutent de plus en plus fort.
Si on manque encore de données chiffrées, les experts s’accordent à dire que de plus en plus de jeunes sont touchés par ce problème. C’est un enjeu de santé publique. Le Conseil Supérieur de l’hygiène a donc lancé un groupe de travail. Jacques Vanderstraeten présidait ce groupe en tant que spécialiste des risques physiques. Il rappelle qu’ « un travailleur dans l’industrie doit porter des bouchons quand il est exposé à un bruit ambiant de 90 dB ». A titre de comparaison quand on colle son oreille à une scie circulaire, le bruit est de 95 dB. De plus, le volume des lecteurs « peut être augmentés à l’aide de logiciels « volume boosters » disponibles sur Internet ». Ils peuvent ainsi monter à 117 dB.